BrunoFitoussi, figure incontournable du poker mondial, a terminé 9e du tournoi d'Amnéville samedi. Bruno Fitoussi, en plus de sa casquette de champion de poker est également commentateur sur les chaînes française RTL9 etDirect8.
L’essentiel: Vous ne participez pas à beaucoup de tournois, qu’est ce qui vous a amené à l’étape d’Amnéville du Tranchant Poker Tour?
Bruno Fitoussi : C’est vrai que j’ai très peu de temps pour jouer. J’ai eu des contacts très sympathiques avec le groupe Tranchant, c’est ce qui m’a amené ici pour le Tranchant Poker Tour. En temps normal, je joue des plus gros tournois mais venir ici m’a permis de rencontrer des personnes intéressantes. D’ailleurs, j’ai reversé mes gains à une association.
En général, je fais une dizaine de tournois dans l’année.
Vous êtes plutôt un joueur de cash game…
Oui, bien sûr, à mon époque, c’était le cash game la vie d’un joueur professionnel de poker. Mais j’ai aussi pris goût aux tournois.
Comment êtes-vous arrivé au poker?
Assez jeune, durant mon année de terminale en 76/77. Nous avons commencé entre amis, puis je me suis laissé prendre au jeu. Cela fais maintenant 32 ans que je joue.
En 1995, vous introduisez le poker à l’Aviation Club de France, avez-vous eu l’impression, à l’époque, que la France avait du retard par rapport au reste du monde?
J’étais membre de l’Aviation Club de France et c’est en tant que membre que j’y ai introduit le poker. De 84 à 94, j’étais professionnel de poker, avec tout ce que cela impliquait. Puis, j’ai décidé d’avoir une vie familiale normale et de rester plus souvent chez moi. J’ai alors eu cette idée. Il fallait donner à la France l’équivalent de ce qui existait ailleurs. Petit à petit, on m’a proposé la direction du club. J’ai ensuite monté ma société, VIP Gaming consulting poker, tout en continuant à participer au développement de la salle.
Avec votre société, l’Aviation Club de France, la télévision, vous devez avoir un programme chargé…
J’ai aussi lancé un magazine de poker gratuit distribué dans les casinos, le «52». Avec tout ça, je travaille 12 à 14 heures par jour, 6 jours sur 7.
Vous êtes devenu une vraie star du poker, cela a-t-il changé votre vie?
Non, on ne m’arrête pas encore dans la rue. Je mène une vie très privée.
Quelles variantes du poker préférez-vous?
Pour moi, c’est vraiment dur de parler de préférence, j’aime vraiment toutes les variantes de ce jeu. Mais s’il faut choisir, je dirais que je préfère les jeux plus compliqués, comme le H.O.R.S.E (ndlr : jeu qui combine cinq variantes différentes du poker) par exemple.
Quel type de joueur êtes-vous?
Je pense qu’un bon joueur de poker est un joueur agressif. Je joue beaucoup de mains, dans beaucoup de positions. Ma faiblesse résiderait dans mon mental, je suis parfois trop impatient et pas assez solide mentalement lorsque cela ne tourne pas bien.
Quel a été le plus beau moment de votre carrière?
C’est ma deuxième place du H.O.R.S.E, épreuve la plus prestigieuse des World Series of Poker, à Las Vegas. Cette performance est presque un aboutissement pour moi.
Mon titre de champion du monde de heads-up en 2001 (ndlr : duel de poker à deux) est ma deuxième plus grande satisfaction.
Comment expliquez-vous l’explosion du poker en France ces dernières années?
Il faut d’abord dire que le poker est un jeu transfrontalier, transculturel et transgénérationnel. C’est un jeu vraiment passionnant qui est aussi devenu une espèce d’ascenseur social. C’est aussi une part de rêve, la vie d’un joueur professionnel est passionnante, ce qui est aussi l’une des raisons du succès.
Ensuite, avec les retransmissions télé, qui ont démarré ces dernières années, le poker est devenu un vrai spectacle, un divertissement même pour ceux qui ne jouent jamais. Il faut dire qu’avec le développement d’Internet, c’est devenu très pratique et facile de jouer. On peut jouer tout le temps et partout.
Quels conseils pourriez-vous donner aux jeunes qui rêvent de devenir des stars du poker?
De ne pas s’entêter. S’ils s’aperçoivent qu’ils ne sont pas fait pour ce jeu, il vaut mieux laisser tomber. Comme tous les domaines de la vie, le poker demande un certain nombre de qualités que tous le monde n’a pas. Ensuite, il faut savoir que devenir un grand joueur nécessite un travail gigantesque. Il faut être prêt à donner sa vie. Sinon, se contenter de jouer en amateur par plus plaisir du jeu. Mais je conseille aussi à tous ceux qui ont envie d’essayer, de tenter leur chance, on ne sait jamais.
(source
: lessentiel.lu
/ Philippe Di Filippo)
Retour
à l'actualités du poker
|