Les journaux et les revues s'emplissent ces temps-ci d'analyses et de propositions inspirées par la crise. En dehors de celles qui se bornent à l'imprécation, elles concluent toutes à la nécessité de reconsidérer, de moraliser ou de refonder le capitalisme, principalement financier.
Et, au-delà des mesures techniques, reviennent à énoncer ce qu'il ne faut plus tolérer : la cupidité, l'égoïsme, l'escroquerie distinguée, et ce qu'il faut d'urgence restaurer : la transparence, l'éthique, l'honneur.
Résumée ainsi, cette prise de conscience, de portée peut-être historique, renoue avec celles qui ont en d'autre temps permis de faire avancer la démocratie, l'Etat de droit, la morale commune ou l'esprit d'examen. Le citoyen du monde s'en félicite ; les spécialistes attendent de voir, car tout est dans les détails.
Là-dessus, les socialistes européens, bien inspirés pour le coup, ont intitulé le colloque qu'ils viennent de tenir « Fermez le casino ! », ce qui résume bien les analyses déjà faites. Mis à part que les casinos, comme les « créativités financières », servent souvent à blanchir l'argent sale, ils obéissent eux à des disciplines plus strictes : on n'y joue que l'argent qu'on a, la fausse monnaie n'y est pas acceptée, les règles du jeu sont écrites et ne sont pas modifiables par des joueurs astucieux.
Enfin, et quel que soit le talent pervers de certains d'entre eux, il y a peu d'exemples de casinos en faillite et aucun cas où tous les autres s'en trouvent ruinés, qui n'y ont jamais mis les pieds. A cet égard, ce serait déjà bien que la nouvelle finance accède au moins aux vertus du casino.
Lors de ses prochaines délibérations, qui auront à se frayer un chemin à travers le maquis des intérêts, on peut rêver que le G20 s'inspire de ce parallèle anecdotique. La société y tolère le jeu, mais dans des espaces confinés. Nul besoin d'invoquer la morale, mais de faire respecter l'Etat de droit.
Il tient que la liberté ne doit pas nuire à autrui et que si le droit d'abuser existe, il ne s'applique qu'à ses biens propres. Il dispose que les délinquants sont privés de liberté, comme les contrevenants sont interdits de jeu. Il reste en somme à la globalisation à compléter sa généralisation des échanges par une application équivalente de l'Etat de droit, la moins mauvaise des solutions pour vivre ensemble.(source: lesechos.fr) Retourà l'actualités descasinos
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